samedi 26 janvier 2013

Sud(per) (Mario) (Br)Laos

Du 14 au 25 janvier 2013


Vat Phu Champassak (Man) – Khiet (King) Ngong – Don (Key) Khong & Don (Key) Khon – (Ram) Bolaven

Comme autant de niveaux dans un jeu vidéo des années 90 (tendance grosse game boy grise), nous avons parcouru 4 sites du sud du Laos en repassant par notre base Pakse, sur une carte ça donne ça :


Niveau 1 : Vat Phu Champassak (Man)


A l’arrivée à Pakse après une nuit dans le sleeping bus, on se dit  « Bon on trouve un hôtel et on se pose parce qu’on est un peu crevés », du coup on gère la recherche d’hôtel plutôt mieux que d’habitude : 1. On se pose dans un café avec internet et on repère les bons hôtels, 2. L’un de nous (en l’occurrence Cédric) part explorer les hôtels des environs sans les sacs 3. Après concertation on en choisit un, 4. Ça tombe bien c’est en face !

Corolaire de cette (relative n’exagérons rien) efficacité, nous sommes posés alors qu’il n’est que 11 heures… Et là on se prend à regarder ce qu’il y aurait à faire dans les environs et on se rend rapidement compte qu’on peut aller dans la journée au Vat Phu Champassak (© Patrimoine Mondial de l’Unesco), et c’est parti pour une location de petite moto, on aura bien le temps de se reposer plus tard !

Bon le temps de galérer un peu avec le passage des vitesses et de faire le plein, on se met en mode Mario Kart sur la route (toute neuve !) : rizières à droite,  buffles à gauche ou inversement, nous arrivons à bon port pour le déjeuner après avoir esquivé le premier boss du niveau : le poulet pas très frais caché au milieu de notre riz…



Vat Phu Champassak est un vaste site de l’époque Khmer (vers le Xème-XIème siècle) construit à flanc de colline, si ce n’est certes pas le plus impressionnant au niveau du bâti (entre le climat et les destructions, il y a eu quelques dégâts…), l’endroit reste majestueux et offre un beau panorama une fois qu’on a gravi la colline sous le soleil brûlant du début d’après-midi. 






C’est dans la chaleur, plus intense que dans le nord, que réside la difficulté de ce niveau : il est clair que certains retraités allemands que nous croisons n’iront pas au bout…


Nous nous en sortons et rejoignons notre destrier après une courte visite au musée, retour sans histoire malgré quelques peaux de banane sur la route… 

 Niveau 2 : Khiet (King) Ngong


Après l’excursion d’une journée au Vat Phu Champassak, nous passons à la vitesse supérieure et nous lançons dans une expédition de deux jours vers Khiet Ngong, village situé dans une zone naturelle protégée et connu pour abriter le plus gros mammifère terrestre…

Avec un nom pareil et cette réputation, nous nous attendons à devoir livrer bataille au terrible Kong, le singe géant, argh la partie s’annonce corsée… Heureusement, nous avons gardé un champignon magique de Vang Vieng, ça nous sera peut-être utile !

Départ de Pakse en petite moto, d’abord de la belle route puis un chemin un peu défoncé qui nous mène au cœur de la zone naturelle de Se Pian, nous parvenons à éviter les plaques d’huile et les sables mouvants et arrivons au château du boss de ce niveau.

Surprise ! Pas de singe colossal à l’horizon, ce sont des éléphants qui nous attendent ! Bon en nous voyant ils ne font pas les marioles et comprennent vite qui sont les vrais patrons, pour que les choses soient bien claires nous leur montons carrément sur le dos !


Du haut de notre monture
Un éléphant de ville

Et encore une autre parce qu'un éléphant, c'est mignonnet!


Le cochon l'est en revanche un peu moins...!



Nous passons la nuit en « homestay », comprendre « chez l’habitant », donc douche au bidon d’eau et logement dans une chambre de la famille (ceci dit la maison n’est pas trop mal), puis repartons pour Pakse.  

La maison, une grande pièce peu meublée
Notre chambre, cosy!
 Comme il nous reste du temps de location de moto, nous allons explorer les zones situées plus au nord (on cale quand même un petit footing sous le soleil de midi, pour le plaisir…), c’est sympa et sans aucun touriste mais à la fin de la journée nous sommes contents de laisser la moto parce que c’est un peu tape-cul quand même !



Niveau 3 : Don (Key) Khong & Don (Key) Khon 

Parce qu’on est un peu lassé de la moto, nous partons vers le delta du Mekong en minivan, la zone s’appelle les 4000 îles mais on a prévu de se limiter à deux îles : Don Khong et Don Khon… Pas besoin de vous faire un dessin, de primate abord on s’attend à ce que Donkey Kong fasse la loi sur ces îles !


Don Khong est la plus septentrionale des îles et aussi l’une des plus vastes, comme elle sert plus ou moins de porte d’entrée vers les îles situées plus au sud c’est là que nous débarquons (pas avec notre minivan hein on a pris un bateau ça flotte quand même mieux !).

Recherche d’hôtel simplifiée par la concentration des guesthouses  sur la route du débarcadère (ou de l’embarcadère suivant qu’on descend ou qu’on monte), on se trouve un petit hôtel à 10€, qu’on obtient finalement à 8€ (et hop deux pièces d’or gagnées !).

On commence notre chasse au singe (essayez de répéter rapidement 5 fois cette phrase pour voir) en explorant le centre de l’île, c’est superbe mais plus grand qu’on ne pensait, du coup nous voilà contraints de rentrer en courant pour ne pas être pris par la nuit !



Un serpent brrrrr!



Forts de cette expérience nous décidons le lendemain de louer des vélos pour améliorer notre capacité de mouvement, bon le gain est relatif car nos montures ne sont pas de première jeunesse…

Des vélos qui ont vécu...
Mais avant d'enfourcher nos bicyclettes, un petit tour au marché de l'île:

L'île au lever du soleil
Le marché

Miam les petites grenouilles!
Miam les petits poissons qui respirent encore!
Nous voilà néanmoins sur les routes de l’île, nous la parcourons en tous sens, du nord au sud et d’est en ouest mais nulle part nous ne débusquons le Donkey… Comme à Champassak, le soleil ardent est notre principal ennemi, d’autant que nous avons oublié notre étoile magique d’invincibilité (la crème solaire pour ceux qui n’ont pas compris), quelle chance vous avez en France de pouvoir profiter de la fraîcheur ! Nous en sommes réduits à nous rafraîchir avec des jus de mangue frais, c’est dire à quel point nous souffrons…


Après un superbe coucher de soleil sur la côte ouest de l’île, nous faisons une nouvelle course contre la nuit en vélo devant les habitants médusés qui nous avaient vu passer la veille en courant sur le même chemin, oui les falangs (étrangers en lao) ont un comportement bizarre…




Le lendemain nous partons en bateau pour Don Khon en nous disant que Donkey est peut-être dyslexique et s’est trompé d’île, si tel est le cas nous avons en Amandine l’arme fatale pour le corriger !

Arrivée à Don Khon où nous nous installons dans notre guesthouse avec terrasse mignonnette donnant sur le Mékong et les cocotiers. 


On rencontre trois retraités français avec qui on décide de partir en excursion à Khan Pha Pheng (Cédric : « une voix me souffle Jean-Pierre Pha Pheng, je ne peux lui résister, ça y est c’est fait »), les grandes chutes d’eau du Mékong (Cédric : « la même voix me souffle Eric Di Mekong, Oh my god, celle-là c’est spéciale dédicace Guigui »), bon les chutes c’est très impressionnant puisque ça ressemble à ça :




Ensuite coucher du soleil sur le Mékong :



Fidèles à notre technique, on part de bon matin sur les chemins à bicyclette (on commence à être en Trénet...) pour explorer les plus sombres recoins de l’île, bon l’environnement est terriblement hostile on ne vous le cache pas : par exemple sur la plage le sable était absolument brûlant, ce qui nous obligeait à aller nous rafraichir dans le Mékong ou à boire du jus de noix de coco… Non ne nous plaignez pas, nous endurons notre sort avec courage !


En chemin, on a aussi vu les chutes de Li Phi (Cédric : "Marcello Li Phi") :



En milieu d’après-midi on va voir les dauphins de l’Irrawady (ça c’est le nom de l’espèce parce que l’Irrawady ce n’est pas au Laos mais en Birmanie sauf que quand on a été en Birmanie on n’en a pas vu alors que là si, c’est clair ?) [celui qui a dit Lassi c’est pas clair c’est un chien est prié de ne boire que de l’eau pendant une semaine]. Reprenons : les dauphins de l’Irrawady sont bien différents de leurs congénères puisque ce sont avant tout des dauphins d’eau douce (mais ils peuvent aussi aller dans l’eau de mer ce qui témoigne d’une belle capacité d’adaptation) et qu’ils sont assez vilains (mais heureusement ils ont la décence de ne pas trop sortir de l’eau donc ça ne se voit pas vraiment).

Si si le petit truc au milieu de l'eau, c'est un dauphin!!





 On a aussi vu une-araignée-qui-fait-trop-peur sur le rocher d'où on observait les dauphins:

Araignée-qui-fait-trop-peur

Au retour, nous passons dans une forêt inondée du Mékong, fantastique!




Ensuite, un nouveau coucher de soleil, pfiou c’est un peu répétitif ce soleil qui se lève et qui se couche…

Vue de notre terrasse...


Le lendemain, c’est pas que c’est pas tout ça mais Pakse nous attend… Donkey Kong ne s’est pas montré et nous passons donc ce niveau par KO technique !
 

Niveau 4: (Ram) Bolaven





Dernier niveau du jeu Sud(per) (Mario) (Br)Laos, nous retrouvons notre moto pour affronter le plateau des Bolaven et son grand méchant boss : Rambo Laven !

Le plateau des Bolaven est le type de terrain de jeu que Rambo adore, ça a castagné sévère pendant la guerre du Vietnam et les Américains ont déversé des tonnes de bombes… Du coup il y a eu une pause dans ce qui faisait la renommée du plateau : son café (oui bizarrement les caféiers ne sont pas napalm proof). La production reprend doucement et nous avons eu l’occasion de visiter une plantation de café et de déguster un délicieux arabica…

Un caféier-Arabica (à droite parce qu'à gauche c'est Cédric qui fait le zouave)
Des petits grains de café qui dorent au soleil

Pas besoin de légende, vous savez maintenant tous ce que c'est!

Ensuite comme nous avons soif nous prenons la route de Tadlo, en prenant le temps de nous arrêter à la chute d’eau de Tat Sung, quasiment à sec elle aussi…




Nous passons la nuit à Tadlo dans un bungalow à 3 euros (qui n’en valait certes pas un de plus) et nous rencontrons le premier boss de ce niveau : une blatte qui a élu domicile sur notre couvre-lit… On l’emballe dans le drap et on la jette par la fenêtre (enfin par la porte car il n'y a pas de fenêtre). 
Le bungalow à 3€, bah il penche!

La blatte, qui n'a pas fait long feu dans la chambre
On s’attendait à un niveau difficile et on n’est pas déçu puisqu’il faut traverser le jet d’eau glacé de la douche et supporter la tentative d’empoisonnement du repas du soir… Ouf on s’en sort mais quand nous constatons au matin que la moustiquaire est couverte de fourmis rouges mortes, nous décidons de passer à la vitesse supérieure !

Les toilettes et la douche
La colonie de fourmis rouges qui a décidé de mourir sur notre moustiquaire pendant la nuit
 Nous explorons d’abord à pieds les environs, notamment les cascades de Tat Huang et Tat Lo, ainsi que le village de Khiang Tanglae… Tout cela est bien joli mais Rambo Laven ne se montre pas, on dirait qu’il évite le combat.

Tad Lo
 




Du coup on repart sur notre bolide, qui ne fait pas que des bruits rassurants, et on va voir au village de Kok Pung Tai si Rambo Laven ne s’y trouve pas. 


La visite du village est un peu hallucinante puisque le guide nous explique qu’ici on marie les enfants à 5 ans, qu’on peut avoir plusieurs femmes (en nous montrant une maison il dit « Le fils était mort donc le père a repris sa femme », no comment...), et que lui doit attendre pour marier sa fille parce qu’il n’y a pas encore de garçon dans la famille de sa femme… A ce moment-là il est interrompu par la sonnerie de son téléphone portable, ough ça c’est un choc des cultures !

On repart aussi sonnés que si Rambo Laven nous avait mis une torgnole pour voir d’autres chutes d’eau car sur le plateau des Bolaven l’eau a un vrai problème d’équilibre : elle n’arrête pas de tomber…

Tad Yuang

Vue d'en haut de Tad Yuang

Tad Fane

La démonstration de notre souffrance quotidienne...

Après une nuit à Paksong, d’autres chutes d’eau nous attendent ainsi qu’une fabuleuse partie de Yam qui nous voit atteindre tous deux des scores stratosphériques : 1253 pour Amandine, 1238 pour Cédric, les connaisseurs apprécieront…

Du coup Rambo Laven comprend que s’il est baraqué nous on a la baraka et qu’il peut bien s’appeler Laven, la veine elle est plutôt avec nous… Alors il préfère se cacher dans la forêt !

Nous passons donc ce niveau, ce qui nous permet de finir le Sud(per) (Mario) (Br)Laos !

QUIZZ' SAURA??? Les groseilles...

Allez, un autre QUIZZ' SAURA avant la publication du dernier article sur le Laos (il est presque fini, patience!...)!

Quizz' Saura qu'est-ce qui se cache derrière ces petites boules, car CE NE SONT PAS DES GROSEILLES!


C'est parti, à vos réponses!
 

vendredi 25 janvier 2013

QUIZZ' SAURA??? Le rat...

Création d'une nouvelle rubrique: le Quizz' Saura???

Le principe: on poste une photo de quelque chose d'un peu mystérieux, et vous essayez de deviner ce que c'est! 

Le premier qui a trouvé aura droit à... ça dépendra de notre humeur lol!

Première photo devinette, car CECI N'EST PAS UN RAT contrairement à ce que nous avons mentionné dans un précédent article...

Quizz' Saura trouver quel est le charmant animal empalé des pattes à la tête sur un mur laotien?


A vous de jouer!

jeudi 24 janvier 2013

Billet d’humeur : pour en finir avec le mythe du bon sauvage

Une fois n’est pas coutume, cet article n’a pas vocation à rendre compte de nos pérégrinations mais à nous élever contre un phénomène trop fréquemment constaté lors de nos voyages : certains touristes attendent des locaux qu’ils soient conformes à une image de « bon sauvage » et s’offusquent quand la réalité ne colle pas à leurs stéréotypes. [oui, à l’heure où la guerre et la crise font rage dans le monde il faut savoir choisir de vraies causes d’indignation…]

Petite explication sans rentrer dans le détail de la genèse, du développement et de la postérité du mythe du bon sauvage (nb : ceci n’est pas une thèse et les spécialistes relèveront aisément des raccourcis tellement énormes qu’ils s’apparentent à des erreurs manifestes) : les philosophes des Lumières et notamment Rousseau, dans un prolongement de la réflexion sur l’homme initié à la Renaissance, se sont intéressés à la vraie nature de l’homme en opérant une distinction entre un homme naturel et un homme civilisé. Où chercher cet homme naturel ? Soit loin dans le temps, soit loin dans l’espace, ce dernier point correspondant à la création du mythe du bon sauvage. [ok c’est un peu synthétique mais franchement qui aurait été plus loin dans la lecture de ce paragraphe si nous avions détaillé ? :-)]

Le bon sauvage vit en communion avec la nature, ses institutions politiques sont simples voire archaïques, il est pauvre mais heureux, il n’est pas mû par l’ambition ou la recherche du profit, d’ailleurs il ne connaît que peu des vices de l’homme civilisé (envie, orgueil, égoïsme etc.), on peut tout juste lui reprocher une tendance à la nonchalance voire à la paresse… Précision : ce n’est bien entendu pas de manière aussi caricaturale que les choses sont présentées dans les écrits des philosophes mais c’est cette image qui s’est enracinée dans l’imaginaire collectif, les représentations des sauvages pendant voire après la période coloniale s’inscrivant dans cette tradition (à cet égard  l’Africain souriant de toutes ses dents sur le chocolat avec le slogan « Y’a Bon Banania » est devenue une icône). [Bon là vous vous demandez où on veut en venir, pas d’inquiétude ça arrive juste après]


Du coup quand on parcourt certains blogs ou récits de voyages à la recherche d’informations, on tombe sur des choses étonnantes, sur le mode « Quand même je les imaginais plus souriants » ou bien « Tout le monde ne nous dit pas bonjour quand on passe » avec à l’occasion quelques perles « dans un village, les enfants m’ont dit bonjour, j’étais contente je me suis dit que c’est ici que je vais distribuer mes stylos » (nb : il ne faut jamais donner aux enfants car cela crée de mauvais réflexes vis-à-vis des touristes voire incite à la mendicité, si on veut donner des stylos ou des livres, aller voir l’instituteur est bien mieux même si c’est moins spectaculaire). [Quand on lit ce genre de chose, on a un peu envie de se mettre les doigts au fond de la gorge pour se faire vomir, ok on exagère un peu mais c’est l’idée]


Ça nous énerve de lire de telles stupidités : certains Laotiens disent spontanément bonjour, d’autres répondent à un salut, d’autres non, globalement ils sont très accueillants et sympas, ce qui n’est nullement une obligation parce qu’à la longue voir passer des touristes chaque jour peut devenir lassant. De même la majorité des Laotiens a tendance à sourire facilement, ce qui ne veut pas dire qu’ils arborent tous un sourire radieux en permanence, peut-être qu’ils passent une journée de merde ou qu’ils ont des soucis après tout… [Ben oui ce ne sont que des humains, un peu comme nous quoi…]

Estimer qu’en tant que touriste étranger on est en droit d’attendre que les habitants d’un village se mettent au bord de la route pour faire des courbettes, jeter des fleurs sous nos pas ou prier pour que la paix soit avec nous et notre famille, c’est les considérer comme des bons sauvages et c’est insupportable. [Ce moment d’indignation est sponsorisé par Stéphane Hessel]


Nous sommes en ce moment sur une île dont les habitants sont hyper chaleureux, ce matin nous étions en vélo et nous n’avons cessé de répondre à des bonjours (sabaïdi), c’était moins le cas dans d’autres endroits et ce n’était pas forcément moins légitime, chacun agit suivant son caractère et/ou sa disposition d’esprit du moment. Oui ce n’est pas agréable quand on salue un adolescent de ne pas avoir de salut en retour mais que celui qui n’a pas connu l’âge ingrat jette la première pierre ! Oui il peut arriver (même si c’est très rare) qu’un adulte ce dise pas bonjour ou ne réponde pas, faut-il en déduire qu’il y a tromperie sur la marchandise ? [Ben oui si on était assez naïf pour penser en arrivant au Laos on pensait que tout le monde souriait tout le temps on se sent floué… Remboursez !]   

Sabaïdi = Bonjour!
 Qu’est-ce qu’on cherche en venant dans un pays comme le Laos ? A se faire valoir en étant honoré comme on ne peut espérer l’être dans notre pays ? A se rassurer sur la nature humaine en se disant qu’il y a encore des endroits où on peut être pauvre, mener une vie difficile mais sourire en permanence et ne connaître d’autre humeur que le bonheur (si tant est que cela ait jamais existé hors des utopies philosophiques ou religieuses) ? A vérifier la conformité de notre représentation du monde ? Si on vient avec ce type d’espérance, on sera cruellement déçu et on mérite de l’être… Nous essayons d’aborder les pays et les régions que nous visitons avec le moins de préjugés et d’a priori possibles, il en restera toujours trop, pour avoir une chance de comprendre deux ou trois choses pendant notre court séjour. L’ambition est modeste en apparence, quasiment irréalisable en réalité ! 
[Promis dans le prochain article on revient à nos principes de base : jeux de mots foireux, craquages en tous genres et photos au soleil pour vous tenir chaud !]

Partie de foot à Don Khong au coucher du soleil

jeudi 17 janvier 2013

V comme Vang Vieng, Vientiane et vive le vent d’hiver qui nous vient vivifier les veines

Du 8 au 13 janvier 2013

A=Luang Prabang B=Vang Vieng C=Vientiane

Partie 1 : Vang Vieng – Voici venu le temps des rires et des champs, dans l’île aux enfants c’est tous les jours le printemps

Vang Vieng est (était ?) réputée comme l’un des meilleurs endroits pour faire la fête en Asie, avec consommation d’alcools et drogues divers et variés et un seul bémol mais de taille : comme toute cette joyeuse gaudriole a (avait ?) lieu à proximité d’une rivière, quelques-uns ont laissé plus que leur portefeuille ou leurs dents de devant dans les amusements nocturnes dont l’un des plus prisés consistait à sauter d’un plongeoir dans le fleuve, en évitant les rochers si possible… Ce qui n’a pas toujours été le cas !

Donc depuis quelques mois les bars de plage ont fermé, ce qui n’était pas pour nous déplaire parce que Vang Vieng est aussi (et surtout en ce qui nous concerne) un endroit superbe, avec une campagne jalonnée de formations (sar)karstiques, qui se dressent comment des bougies sur un space cake d’anniversaire (nous laissons les non-initiés chercher ce qu’est un space cake).


En arrivant à Vang Vieng depuis Luang Prabang, on a fait ce qu’il ne faut pas pour chercher un hôtel : on a été dans les hôtels indiqués dans le Lonely Planet et constatant qu’ils étaient complets on a pris le premier qui venait. Un indice qui aurait dû nous mettre la puce à l’oreille (nous sommes preneurs si quelqu’un connait l’origine de cette expression étrange quand on y pense) : pour la première fois on nous a demandé de payer tout de suite… Quand la musique du bar voisin a envahi notre chambre, nous avons compris et juré (mais un peu tard) qu’on ne nous y reprendrait plus !

On a donc été sur Tripadvisor chercher une solution de remplacement pour la nuit suivante et troqué notre boîte de nuit personnelle pour un bungalow calme et confortable, qui avait néanmoins un inconvénient de taille, enfin de taille minuscule d’un point de vue physique mais énorme d’un point de vue émotionnel, nous y reviendrons plus loin dans cet article, oui le suspense est intenable mais il est important de tenir le lecteur éveillé en haleine…

  • Jour 1 à Vang Vieng
Le premier jour a Vang Vieng a été consacré à l’exploration à vélo de la campagne succinctement décrite quelques lignes plus haut, parce que quelques photos valent parfois mieux que de longs discours (et parfois non mais là il nous semble que c’est plutôt oui), voilà un aperçu de ce que nous avons vu:

Cédric à vélo parmi les vaches
 


Pha Ngeun
Pha Ngeun
Pha Ngeun
Tham Phu Kham
Nous poursuivons nos explorations de grottes
Blue Lagoon, il faut imaginer la musique à fond... Dommage!

A la fin de la journée, les jambes ne sont plus très propres

Nous rencontrons un sympathique couple de Français vivant à Singapour, Fleur et Manu (coucou!), et dînons ensemble de brochettes ma foi fort savoureuses… 


Rien n’augurait alors du drame qui se profilait à l’horizon, telle l’ombre de la vague du tsunami, tel le survol du condor au-dessus de la marmotte des Andes, telle la dernière respiration de Nadine Morano avant de sortir une grosse connerie… Au milieu de la nuit, à l’heure où mes plus braves ont déposé les armes, Amandine me dit cette parole fatale « Cédric, il y a des bêtes dans le lit, je crois que ce sont des punaises de lit », je tâche de masquer l’effroi qui m’envahit à l’évocation de ces gorgones miniatures avec lesquelles nous avons déjà croisé le fer par le passé. 

Horreur, malheur, désespoir!
Des semaines de lutte furent nécessaires pour nous débarrasser de ces monstres qui, c’est certain, domineraient la terre s’il y avait une nouvelle extinction majeure comme avec les dinosaures. N’écoutant que notre courage, nous adoptons sans attendre la seule solution valable : la fuite… Fort heureusement, les gérants de l’hôtel ne font pas de difficulté, ils ont compris que la partie était trop inégale et qu’ils allaient probablement devoir brûler ce bungalow.

  • Jour 2 à Viang Vieng
Le deuxième jour à Vang Vieng a été dédié à une excursion combinant visite de grottes, trekking et kayak, nous sommes tous les deux avec un guide qui s’émerveille de ce qu’il voit comme s’il le découvrait en même temps que nous, c’est très frais et sympathique. Après cette journée harassante et notamment deux heures de kayak, nous avons été faire un footing de 40 minutes (avec 8 fois 30-30 pour les connaisseurs) en profitant de la fraîcheur relative du soleil déclinant.


Amandine pagayant de toutes ses forces, c'est dire si on allait vite!
 
Partie 2 : Vientiane – Veni Vidi Vientiani

Vientiane est la capitale du Laos et sans avoir le charme suranné de Luang Prabang, elle peut se targuer d’abriter quelques édifices marquants, notamment des bâtiments officiels et autres mausolées à la gloire des héros du régime (nb : le Laos est un régime à parti unique, en l’occurrence le parti communiste mais qui s’est converti à l’économie de marché, un peu comme en Chine), ainsi que quelques temples.
Electricité laotienne
Petit autel domestique qui mêle bouddhisme et croyances animistes

Où l’on se rend compte que le Laos a de tous temps été une victime de ses voisins, de puissances plus lointaines, ou même de brigands armés, tous capables de détruire la ville et/ou de la mettre à sac : les bâtiments ont pour la plupart été reconstruits à plusieurs reprises (parfois sans respecter le plan initial), il est donc rare qu’un édifice ait plus de 100 ans dans son état actuel…

Une balade d’une journée à bicyclette dans les rues de la ville nous a permis de découvrir la plupart des monuments, voici les plus marquants : 

Pha That Luang
Aux alentours du Pha That Luang

Haw Pha Kaeo
Vat Si Saket
Vat Si Saket
Patuxai
Détail marrant : cet arc de triomphe a été construit avec du ciment fourni par les Américains pour construire un aéroport…

Vue depuis le Patuxai
Une deuxième journée à flâner à Vientiane (footing matinal sur les bords du Mékong avec vue sur la Thaïlande voisine, petit déjeuner français, parties de Yam’s, lecture et préparation des prochaines étapes) et, après avoir évité in extremis une bagarre avec un laotien drogué qui voulait nous écraser avec son pick-up, nous voilà dans le bus de nuit (avec couchettes s’il vous plaît !) qui file vers le sud à grands coups de klaxon et de pleurs hystériques d’enfant (vive les boules quiès pour pouvoir dormir un peu)…

Yam's de 6 pour Cédric
Yam's de 5 mais en 1 coup pour Amandine

P.S. notre passage à Vientiane a aussi été marqué par un constat tragique : Cédric n’aura sans doute jamais de barbe, sauf changement majeur de pilosité faciale… La preuve en image.

Les experts sont formels: pilosité irrégulière ne permettant pas de se faire pousser la barbe

Prochaine étape, le sud du Laos, à suivre!...