vendredi 7 mars 2014

Outai Papatowai ?

Du 1er au 2 mars 2014

Nous quittons Te Anau et le Fjordland sous un ciel mi bleu-mi nuage, mi figue-mi raisin, mi chèvre-mi chou... Nous sommes le 1er mars et l'été est officiellement terminé en Nouvelle-Zélande ! Nos vacances ne vont pas tarder à subir le même sort mais nous sommes bien décidés à en profiter jusqu'au bout...

Nous ignorons donc superbement la menace qui pèse sur nous (oui oui c'est à nouveau une démonstration de notre force mentale...) et filons vers les Catlins, la côte sud de l'île du Sud, nous sommes bien au sud du sud puisque plus au sud c'est l'Antarctique... Vous vous souvenez de l'effet « tête en bas » de la Nouvelle-Zélande ? Et bien comme on est au sud, il fait de plus en plus froid, c'est logique...



Premier tour d'exploration des Catlins sur la route vers Papatowai, notre base pour l'exploration de la région :

- Waipapa Point : un superbe phare a été construit après un naufrage qui a fait plus de 100 morts en 1881 (bon il aurait été plus malin de le construire avant le naufrage mais s'il avait été construit avant le naufrage il n'y aurait pas eu de naufrage donc il aurait été construit avant quoi ? My godness nous sommes sur une faille spatio-temporelle je saute dans ma Doloreane et je reviens...) mais ce n'est pas le phare qui retient notre attention : au bord du chemin, un lion de mer est en train de dormir ! Il n'est pas énorme mais doit bien faire une demi-tonne, on ne va donc pas jouer à le déranger pendant sa sieste ! 

Charmant lion de mer en plein sommeil!
Tête de lion de mer

Arrivés sur la plage, nous constatons avec une stupéfaction teintée d'effroi mâtiné d'excitation avec une nuance de... bref nous sommes comme des fous : trois lions de mer sont en train de jouer à « c'est-moi-le-plus-fort-je-peux-te-faire-mal-si-je-te-mords » ! D'abord dans la mer, puis sur la plage (nous reculons) puis sur le chemin (nous reculons encore) puis dans l'herbe en contre-bas du fort (nous reculons pour de bon)... A la fin, ils se couchent pour faire leur sieste comme leur copain de tout à l'heure, tranquille Émile !

Lions de mer dans la mer ahah c'est qu'ils portent bien leur nom dis-donc!

Lion de mer en mode vénère vs lions de mer en mode je t'ignore

Lion de mer vraiment pas content!


Lions de mer sur le chemin des touristes,
non mais retournez dans la mer puisque vous êtes des lions de mer
Vraiment sur le chemin 
Juste derrière!
Et après la bagarre, la sieste tous ensemble,
ils sont bizarres ces lions de mer...
Et pour finir, le superbe phare!
- Slope Point : le point le plus au sud de l'île, un vent à délainer les moutons sur le chemin menant à la pointe, une impression de bout du monde


Petits moutons tout mignons

Arbres légèrement penchés à cause du vent
Bout du monde! 

- Curio Bay : nous faisons la connaissance des pingouins les plus rares du monde (« Pingouins aux yeux jaunes » endémiques à la Nouvelle-Zélande), ils sont très mignonnets abrités sous les arbres bordant la plage et nous les observons à distance raisonnable jusqu'à ce qu'un guide viennent (très aimablement comme toujours en Nouvelle-Zélande) nous demander de rester dans une zone limitée car il est 16h30 et qu'on doit rester dans cette zone à partir de 16h, subtilité qui nous avait échappé... Nous en profitons pour admirer la deuxième particularité de ce lieu, une forêt pétrifiée il y a quelques millions d'années à l'occasion d'une éruption volcanique, il est facile de distinguer les troncs transformés en roche et l'ensemble est tout à fait impressionnant.

Petits pingouins, on est comme des dingues!!!!!!
S'il est pas mignon en train de dormir sur son ventre!
S'il est pas mignon en train de dormir debout! 
Et oui, c'est bien un tronc d'arbre pétrifié dans la roche!

Nous achevons cette journée de voiture en croisant à nouveau de nombreux champs de moutons (nombreux certes mais moins qu'il y a trente ans : ils ne sont plus que 30 millions contre 70 du temps de leur splendeur, remplacés par des vaches la plupart du temps, notons qu'il y a moins de 5 millions d'humains...), les moutons dans leurs champs ça fait comme les grains de sels qu'on a fait tomber en jouant avec la salière au restaurant et qui s'éparpillent sur la table, c'est vraiment mignonnet (mais moins que les pingouins quand même)...

Les Catlins, c'est un peu le bout du bout donc les options de restauration sont quasi inexistantes : nous nous contenterons d'un plat de nouilles (Cédric) et d'une soupe (Amandine) pour ce soir, et nous consolons en admirant la vue sur la plage (abandonnée, coquillages et crustacés).

Grande journée d'exploration le lendemain, à jouer au chat et à la souris avec le soleil (certes nous sommes un peu dans le rôle de la souris...) :

- Cathedral Caves : des grottes maritimes figurant parmi les trente plus grandes connues dans le monde (199 mètres, franchement la mer aurait pu creuser un mètre de plus, à suivre car c'est un travail en cours semble-t-il...), belle balade qui se termine sur la plage pour pénétrer dans la grotte (ce n'est possible qu'à marée basse, voilà pourquoi nous commençons par ces grottes)



L'entrée de la grotte
L'entrée de la grotte vue du fond de la grotte, parfaitement 

- McLean Falls : des chutes d'eau ma foi d'un fort beau gabarit dans un cadre forestier que n'aurait pas renié Maxime (désolé pour ce relâchement sur les jeux de mots, on dira que c'est la fin du voyage)



- Nugget Point : après une courte sieste dans la voiture pour laisser passer une averse moussonesque, nous sortons admirer les falaises superbes et les otaries à fourrure qui bravent la pluie et le vent (remarque ce n'est pas pour rien qu'elles ont une fourrure hein !), sur le chemin du retour nous sommes pris dans une nouvelle averse qui nous accompagnera tout au long du chemin du retour vers Papatowai…

Nugget Point, tout en bas, plein d'otaries. Il faut nous croire sur parole là


Arrivés à notre appartement, nous attendons une éclaircie pour aller courir (oui nous n'en avons pas encore eu assez), celle-ci ne se présentant pas nous sortons tout de même et c'est sous une pluie légère puis lourde puis de nouveau légère que nous réalisons ce qui s'apparente davantage à un trail qu'à un footing traditionnel.

Aucun rapport mais un coiffeur 
Le soir venu, nous dînons à nouveau de manière rustique, d'une part de tarte achetée en chemin pour Cédric et à nouveau d'une soupe pour Amandine... Nous sommes conscients qu'en lisant ces lignes vous nous plaignez et vous dites que nous n'avons pas beaucoup de chance, restons lucide néanmoins : notre situation n'est pas si difficile, pensez à ces pauvres petits pingouins qui restent dehors sous l'averse et doivent aller dans l'eau glacée pour trouver de la nourriture !

Sur ces considérations, rendez-vous à Dunedin, avant-dernière étape du voyage...

mardi 4 mars 2014

Allez venez Milford (Sound)

Du 27 au 28 février 2014

Queenstown s'est déjà perdue dans notre rétroviseur et nous vagabondissons vers un pays plus rude et non moins beau, le Fjordland. Comme son nom l'indique le Fjordland est un pays de Fjords, la mer a pris possession de larges brèches créées dans la montagne par d'anciens glaciers... Nous y reviendrons.

D'abord nous rejoignons Te Anau, dernière ville digne de ce nom avant Milford et notre lieu de résidence pendant ces deux jours. Comme il se doit, la ville danse joue contre joue avec un beau lac dont les berges nous semblent plus sauvages que celles de Queenstown, est-ce un effet de notre imagination ou du temps menaçant ? L'air est plus frais et piquant et le vent souffle fort sur le lac quand nous prenons le bateau qui doit nous conduire à une vaste grotte peuplée de vers luisants...

Lac de Te Anau, sous les nuages!
Après une traversée qui aurait été mouvementée avec un bateau plus petit que le nôtre, nous sommes de l'autre côté du lac, sur ces rives sauvages aperçues tout à l'heure.
Une guide conduit notre groupe d'une dizaine de personnes dans la grotte, les passages sont à l'occasion étroits ou bas et nous marchons sur passerelles surplombant de petites cascades et des bassins, l'eau a poli la roche en lui donnant parfois de faux airs de ces Vénus préhistoriques aux formes arrondies.

Une dizaine de minutes de marche et nous parvenons à un large bassin, la suite de la balade se fera en barque, toutes lumières éteintes pour admirer un haut plafond constellé de vers luisants, comme s'il avait fallu reproduire dans cette grotte la voûte céleste... Inutile de préciser que le spectacle est féerique, les vers luisants luisent de toutes leurs forces, ils luisent si fort qu'on en vient à craindre qu'ils usent leur petite lampe !

A notre sortie de la grotte (que nous n'avions pas le droit de prendre en photo), un court film nous présente les vers luisants sous un jour plus scientifique, ce qui leur fait forcément perdre en poésie car un ver luisant éclairé et en gros plan est moins charmant que dans la pénombre (une rapide recherche en apprendra plus aux curieux)... Un résumé de ce que nous avons compris : les vers sont en fait des larves (qui luisent d'autant plus qu'elles ont faim), ces larves vivent 9 mois en chassant des insectes au moyen de fils de pêche couverts de substances paralysantes (ça prend la forme d'un chapelet de gouttes qui pendent tout autour du fil sur lequel circule le ver luisant), puis la larve va devenir un insecte volant ressemblant à un petit moustique (la phase transitoire dure 12 jours, on l'appelle alors pupa, mignon non?), et là c'est le drame, l'insecte volant ne vit pas plus de 5 jours pendant lesquels il ne pense qu'à s'accoupler le plus possible (il n'a pas de bouche ni de système digestif, ce qui constitue un facteur limitant quand on veut vivre longtemps il faut bien en convenir...). 
Tout ça pour ça me direz-vous ? Et bien oui, tout ça pour ça, les vers luisants sont peut-être une métaphore de la vanité de la vie qui sait ? Ou peut-être un motif d'espoir puisqu'on peut être très vilain de près et très beau de loin, il ne faut donc pas se contenter des apparences et parfois en prenant un pas de recul il est possible de voir la beauté ? Ou peut-être qu'en décrivant une vie à voler pour s'accoupler j'ai décrit la vie rêvée pour certains d'entre vous (petits coquins) ? Ou peut-être rien de tout ça ou tout ça à la fois...

Allez on vous a récupéré des photos sur internet pour que vous compreniez!
Ca ce sont les petits fils!
Et ça c'est le ver luisant, incroyable non!
Nous abandonnons les vers luisants à leur sort et reprenons le bateau avec un espoir très limité de bénéficier d'une météo clémente le lendemain... Et nous avions vu juste puisque le lendemain une épaisse couche de nuages semble bien décidée à s'installer pour la journée ! N'écoutant que notre courage (et parce que nous avons pré-payé l'activité), nous rejoignons Milford Sound de bon matin (aouch le réveil à 5h30 qui fait bien mal mais il y a quand même deux heures de route) pour une journée de Kayak ! Sur place nous constatons qu'il continue de pleuvoir et pensons que la sortie va être annulée, que nenni, nos guides nous fournissent des vêtements chauds et nous voilà sur l'eau !

Equipés d'un collant thermique, d'un pantalon, d'un haut thermique, d'un gilet waterproof, d'une polaire, d'un imperméable, d'un bonnet, de gants néoprènes pour tenir la pagaie, de chaussures, bah on avait quand même froid sur le kayak!
Là nous sommes comme au fond d'une tasse de cappuccino : à travers la mousse du brouillard nous sentons les hautes parois des montagnes du fjord nous entourer... Suffisant pour percevoir la beauté du site, mais quelque peu frustrant car nous ne pouvons pas en mesurer toute l'ampleur ! De petits pingouins bleus passent devant nos kayaks, ce sont les plus petits du monde et en effet ils sont très petits (et très mignonnets) ! Une belle cascade vient cascader dans les eaux du Milford Sound, heureusement calmes car le vent a décidé de rester couché et ne pas se joindre à son amie la pluie...

Mmmmmm c'est brumeux n'est-ce pas...
Après deux heures de kayak nous prenons le déjeuner sur une petite île infestée par les « Sandflies » (détestable petits moustiques dont la piqûre démange pendant plusieurs jours) quand soudain miracle, prodige, effet de la providence, les nuages partent avec leur ami le vent et emportent la pluie avec eux ! Nous sautons dans nos kayaks et profitons de cette embellie inattendue avec une technique bien rodée : nous nous mettons en retrait du groupe pour prendre des photos tranquillement et ensuite nous pagayons comme des furieux pour rejoindre le groupe (pour nos amis athlètes : oui nous faisons du vite/lent/vite en kayak !)...

Un MI-RA-CLE en cours de réalisation, tout simplement!
Une des très nombreuses cascades
Kayakeurs de l'extrême
Le fjord nous apparaît à peine dans toute sa majesté que nous devons rentrer à la base, nous sommes bien sûr heureux que le soleil soit revenu mais restons sur notre faim car nous savons qu'il nous restait beaucoup à voir, l'idéal aurait été de pouvoir faire à la fois le kayak et une sortie en bateau dans le fjord...

Le ciel bleu, le soleil, l'incroyable quoi!
Mais qui a dit qu'il ne fallait pas viser l'idéal ? Nous sautons hors de nos kayaks et filons au port où nous prenons sur-le-champ des places pour le prochain bateau, quinze minutes plus tard ! Et oui nous sommes des foufous...

Et là c'est vraiment magique : non seulement le fjord se révèle superbe avec ses multiples cascades et sommets enneigés mais sur ses rives des otaries à fourrure se reposent en attendant la prochaine séance de pêche et dans ses eaux de magnifiques dauphins se font un malin plaisir à venir se faire admirer en nageant à la surface...

Depuis notre bateau!
Sur ce rocher, une multitude d'otaries, si si!
En voici la preuve avec cette otarie s'étirant tranquillement
La joie, le bonheur, la bonne humeur

Les dauphins sautillant  
Cascade avec beaucoup d'eau qui coule
Cascade avec beaucoup beaucoup d'eau qui coule
Arc-en-ciel produit par la cascade et notre pote le soleil (oui eau+soleil=arc-en-ciel...)
Autre cascade et autre arc-en-ciel
Et une dernière vue sur le fjord sous le soleil
(et un bateau tout petit pour donner une idée de la grandeur du truc quoi!)!
Inimaginable le matin même, ce superbe soleil va briller toute au long de la traversée (près de deux heures) avant de progressivement céder le pas aux nuages sur la route du retour vers Te Anau... Mais ce n'est plus un problème, le climat du Fjordland, ce vieillard ombrageux, aura su nous gratifier d'un sourire au bon moment !

Au retour on observe même des keas (oiseau endémique à la NZ)
Oui ils étaient au bord de la route!
Keas copains
Nuage pris dans la montagne
Nuages, le retour
Et retour à Te Anau où le soleil se couche

Prochaine étape : les Catlins, la fin du voyage approche inexorablement...