dimanche 17 août 2014

"à Ladakh!" Partie 1 : Leh, c’est beau

Du 2 au 4 août 2014

Leh, tout au nord de l'Inde,
à la frontière avec la Chine et le Pakistan
(heureusement on avait choisi l'option avion ;-) )

L’Inde enfin, l’Inde encore, l’Inde toujours… Tout cela est-il si simple ?
Car si de retour en Inde nous sommes après un an d’absence, nous ne retrouverons que partiellement l’Inde que nous connaissons...
Certes l’Inde surgira parfois au détour d’une conversation ou d’une ruelle mais le Ladakh est un pays en apesanteur, à côté et au dessus du reste de l’Inde, nous y reviendrons.

Pourtant tout commence comme on peut s’y attendre en Inde : arrivés tardivement à Delhi, nous sommes saisis par la moiteur ambiante et pas moins de trois pseudos chauffeurs de taxi vont nous promener avant qu’enfin nous puissions quitter l’aéroport. Alors que notre taxi se faufile dans la nuit et la circulation chaotiques (oui en Inde la nuit est chaotique par essence), nous pensons avoir fait le plus dur et nous préparons à profiter de notre courte nuit avant notre vol pour Leh (programmé à 6h45 le lendemain matin). Mais là nous avons été naïfs car nous sommes encore en Inde, la vraie Inde,  celle où deux hôtels portent le même nom, celle où le chauffeur de taxi nous dépose devant le mauvais hôtel après s’être arrêté plusieurs fois pour demander le chemin, celle où il nous faut attendre un autre taxi pendant une demi-heure pour finalement faire les 500 mètres qui nous séparaient de notre hôtel, celle où la douche n’est qu’un mince filet d’eau, celle où il faut vérifier que la note n’a pas été gonflée, râââ c’est bon ça, ça nous avait (pas) manqué !

Nous n’avons pas été pris par surprise : quand nous l'avons programmé, le réveil avait dit « Et ben mon pote, il ne reste que trois heures avant que je ne sonne, je vais te faire très mal bientôt », et trois heures plus tard : « Je t’avais prévenu, lève-toi lève-toi lève-toi lève-toi !!! »

Et, dans un brouillard à couper à la tronçonneuse, nous nous levâmes, emballâmes nos affaires, posâmes nos postérieurs dans le taxi, donnâmes nos passeports chaque fois que nécessaire, montâmes dans l’avion, nous pâmâmes devant la vue qui défilait par le hublot (là nos yeux commencent à se décoller), et enfin arrivâmes à Leh…

Chaîne himalayenne


Arrivée au Ladakh

Nous sommes accueillis par un représentant de l’agence avec laquelle nous avons préparé le voyage, au programme :

- 3 jours d’acclimatation, nous sommes à 3500 mètres d’altitude, l’idée est d’éviter de se cramer le cerveau

-  4 jours de trek, nous sommes dans une région magnifique, l’idée est d’en profiter en faisant du camping dans la montagne

- 4 jours d’excursion, nous sommes proches de deux beaux lacs, l’idée est de finir notre séjour en beauté

Dans ce premier article nous allons nous concentrer sur la première phase du voyage : l’acclimatation et la découverte des environs de Leh !

Attention, injection d’une dose de suspense [imaginer les phrases suivantes dites avec la voix de Bernard de la Villardière] : saurons-nous nous habituer à l’altitude ou allons-nous devoir nous faire un shoot d’oxygène en bouteille (si si c’est possible) ? Allons-nous entrer dans un monastère tibétain pour ne plus en sortir ? Est-ce que Leh c’est beau ? Les réponses à toutes ces questions très bientôt !

Première journée : Dodo !

Manque de sommeil et excès d’altitude, nous sommes décalqués, défractés, détraqués, dispersés façon puzzle… Nous passons donc la journée à dormir à la Guest House tenue par une très sympathique famille ladakhie (enseignement #1: les Ladakhis ont l’air très sympas), à tourner dans les marchés tibétains (enseignement #2 : il y a plein d’objets intéressants, on va se craquer) et à croiser des touristes français (enseignement #3 : ils sont partout, il faudra ruser pour y échapper).

Petit jardin mignonnet de notre guest-house
Première balade dans les rues de Leh

Le soir, attablés en toit terrasse avec Bob Marley (en fond sonore), la lumière rasante des ultimes traits de soleil dessine une ombre sur la ville de Leh, nous sommes à destination et en partance.
A destination car nous touchons enfin la terre du Ladakh, en partance car la ville de Leh ne saurait être une fin : bientôt la montagne !

Deuxième journée : Monastères et momos

Toujours en phase d'acclimatation, nous devons aujourd’hui partir explorer les alentours de Leh : le cœur battant mais vaillant et le pied plus agile que la veille, nous attendons notre taxi (c’est normal c’est quand même l’Inde, ne soyons pas pressés). Nous attendons notre taxi (zut et s’il nous attend à la Guest House ? on ne s’est peut-être pas compris hier, bon je fais l’aller-retour, personne, je reviens). Nous attendons notre taxi (tiens une voiture arrive, un homme en descend, voit que l’agence est fermée, nous voit et va s’asseoir à quelques pas). Nous attendons notre taxi (et si ? mais non ce n’est pas possible. Et si la voiture qui vient d’arriver était en fait notre taxi ? mais non le chauffeur nous aurait demandé si on attendait quelqu’un. Vérifions à tout hasard). Nous avons trouvé notre taxi ! La prise d’initiative des Indiens nous étonnera toujours…

Nos trois visites du jour :
  • Shey Palace : le plaisir d’être les seuls touristes (oui, nous sommes passés avant la meute semble-t-il), une première grimpette sur le pic hérissé des ruines de l’ancien palais/monastère (oui la frontière entre pouvoir politique et religieux avait tendance à être assez poreuse semble-t-il), la belle vue et les drapeaux bouddhistes qui claquent au vent (oui la région est plutôt jolie semble-t-il).
Shey palace
Ascension conduisant au palais
Panoramique de la vallée
Drapeaux bouddhistes
Saut à plus de 3500m d'altitude (j'avais bien précisé PETIT saut avant la photo)

  • Thiksey Monastery : comme une forteresse pacifique dévalant la montagne, les blocs blanchis à la chaux créent l’harmonie dans le paysage ; comme une armée pacifique en robe rouge,  les moines et leurs sourires appellent à l’harmonie des visages. Moment très agréable avec quelques vieux moines à qui nous laissons notre premier polaroïd (innovation de ce voyage qui s’avérera précieuse)…
Le monastère 
Depuis le monastère 
Rouleaux bouddhistes que les gens font tourner quand ils passent devant

 Coucou!
Nos copains moines
Une porte du monastère oui tout à fait
Intérieur du monastère 
Et une dernière petite vue du monastère

  • Stok Palace : certes ce n’est pas Versailles, quelques pièces décorées et de beaux objets qui conservent une certaine rudesse dans leur simplicité, nous sentons que dans ce pays tout se mérite, difficile d’imaginer ces lieux en hiver…

Dans le palais
Depuis le palais

De retour à Leh, après un tour (déjà habituel) par les marchés tibétains, nous dinons de succulent momos, spécialité locale qui enveloppe d’une pâte des légumes ou du poulet, le tout étant ensuite cuit à la poêle ou à la vapeur.

Troisième journée : Leh

Après une nouvelle nuit où la quantité de sommeil a joué à compenser la qualité, nous passons la journée à Leh pour lui donner une chance de faire mentir son nom…

Et cette bourgade (30 000 habitants), qui nous avait semblé jusque là plutôt chaleureuse mais sans charme particulier, va se révéler sous un bien meilleur jour :

le centre-ville est en pleine rénovation, nous ne lui reprochons donc pas son caractère chaotique

Légers travaux dans les rues de Leh...
Dans une rue un peu excentrée
Vue sur le temple, le palais et le monastère

- un temple tibétain très respectable et à l’abri des regards mais mérite la visite



un stupa (monument tibétain en forme de cloche), le Shanti Stupa, perché sur une colline qu’on gravit au moyen de plus de 500 marches (le souffle est encore court même si ça va mieux), et qui offre une vue tout à fait magnifique sur la ville

Raide raide raide!
Toilettes au milieu de la montagne,
bon on est allé derrière tellement elles étaient horribles!...
 
Saut devant stupa 
Vue sur le monastère et le palais, voir ci-dessous
- un monastère et un palais (et vice-versa), eux aussi sur une colline, et qui nous permettent de profiter des doux rayons du soleil couchant
 
Monastère surplombant Leh
En altitude
Tout en haut! 
Monastère et ses jolis drapeaux 
Leh au soleil couchant 
Saut, pour changer!
Et le palais!

C’est donc sur une note empreinte de douceur et de sérénité que nous achevons la première phase de notre voyage au Ladakh : les sites naturels et culturels se mettent mutuellement en valeur et cet avant-goût annonce le festin à venir... 

dimanche 16 mars 2014

This is the (Auckl)end...

5 mars 2014

Les premiers seront les derniers : nous sommes arrivés à Auckland et c'est d'Auckland que nous repartons après trois semaines merveilleuses...

Auckland, surnommée « City of sails » (cité des voiles) du fait de sa vocation maritime, est de loin la première ville de Nouvelle-Zélande avec ses 1,3 millions d'habitants, soit un quart de la population (rappelons que c'est Wellington la capitale).

Donc bien entendu c'est une très grande ville mais si étendue, entrecoupée de petits cônes volcaniques (aujourd'hui inactifs) et enroulée autour de sa baie qu'elle n'a au final rien d'effrayant : le centre-ville se visite facilement à pied et c'est exactement ce que nous allons faire.

(Luke) Sky Tower


Bande de ciel bleu, bande de nuages...
Le port

Le bâtiment le plus connu d'Auckland est la Sky Tower qui avec ses 328M est le plus haut édifice de l'hémisphère sud (tout de même!), comme nous ne pouvons résister à une occasion de s'envoyer en l'air nous y allons dès le début de la journée (car pour le moment il fait beau mais on ne sait jamais si ça va durer, y'a plus de saison ma petite dame...). 
Nous étions bien sûr un peu méfiants après l'entourloupe des télécabines de Queenstown mais détrompés nous fûmes quand les portes de l'ascenseur supersonique se sont ouvertes : une superbe vue panoramique sur la ville et la baie nous attend et c'est à peine si nous remarquons deux phénomènes étranges : la japonaise qui vomit parce que l'ascenseur allait trop vite (ou qu'elle a mangé un truc pas frais au petit déjeuner qui sait?) et l'absence de voiliers dans la baie, ce deuxième phénomène nous causera une sérieuse désillusion plus tard dans la journée mais pour le moment nous n'avons pas idée de la menace (oui je tente d'introduire un minimum de suspense dans cet article, j'imagine que vous êtes rongés par l'angoisse…).

Vue depuis la Sky Tower, on a même droit à un arc-en-ciel

Bouh ça fait peur


Après cette sympathique mise en jambe, nous déambulons dans la ville, et passons par la galerie d'art d'Auckland (le Lonely Planet dit qu'il y a des Matisse, Gauguin et Picasso mais les gens du musée ne sont pas au courant, mystère...), des magasins vintage (où nous n'achetons rien), des magasins pas vintage (où nous achetons des vêtements style vintage), bref tout cela est tout à fait charmant mais nous attendons avec impatience ce qui doit être le point d'orgue de notre passage à Auckland et la dernière grande émotion du voyage : deux heures à naviguer sur un bateau de la Coupe de l'America !

Pour ceux qui l'ignorent : Auckland a accueilli la Coupe de l'America en 2000 et 2003 suite aux victoire du défi néo-zélandais en 1995 et 2000, les bateaux étaient alors des monocoques d'une vingtaine de mètres de long et c'est sur l'un d'entre eux qu'il est possible de naviguer...

Quand nous arrivons devant la bête, stupeur, horreur, malheur, souffle scélérat, bourrasques funestes, fourbe zéphir : on nous annonce que la navigation est interdite dans la baie aujourd'hui en raison du vent violent !  

Mais pourquoi pourquoi pourquoi on ne peut pas naviguer?!!!!
Nous sommes abattus par la nouvelle et ce n'est pas la courte visite sur le bateau qui nous console mais n'ayant pas le choix, nous décidons de faire avec... Pour reprendre le dessus, quelles réponses nous viennent en tête ?
1. Il faut aller courir : vite nos chaussures de course pour un footing dans Auckland !
2. Il nous faut de nouveaux habits d'athlétisme : le double prétexte c'est que les nôtres sont sales et que nous allons être remboursés de la non-sortie en mer...

C'est donc arborant nos flamboyants nouveaux maillots que nous nous lançons à l'assaut du Mont Eden, l'un des cônes volcaniques surplombant Auckland... Nous sommes freinés par les nombreux feux de signalisation et la rude montée mais arrivons à bon port, la vue est ma foi fort jolie et contrairement à ce matin nous pouvons voir le tour (de fait le matin nous étions sur la tour, ce qui constituait à l'évidence un facteur limitant pour pouvoir l'observer dans le panorama...). 

En haut du Mont Eden,
on prend le temps de se faire photographier par un Japonais!
Vous pouvez également admirer nos nouveaux t-shirts ;)
Ancien cratère
Après une glace qui nous permet de reprendre les calories que nous venions de perdre, nous allons vérifier la piscine de l'hôtel en vue d'une petite trempette... Attention vérification : terrasse au soleil ok, belle piscine juste pour nous ok, jacuzzi à côté de la piscine ok, vue sur le port d'Auckland ok, vue sur la Sky Tower ok ! Il ne nous reste plus qu'à enfiler nos maillots de bain et savourer nos dernières heures sous ce doux soleil… 

La piscine sur le toit de l'hôtel, ouf!
Vue depuis la terrasse!
Yiha!
On en profite pour faire nos stars
Oui on se la raconte sur notre terrasse avec vue sur la Sky Tower
A propos de savourer, nous finissons en beauté avec un restaurant gastronomique qui nous offre plats et vins magnifiques sans que la note soit astronomique, puis remontons sur la tour pour une vue panoramique qui nous rend déjà presque mélancoliques.


Vue depuis la Sky Tower, la nuit
Sky Tower qui brille!
L'heure du retour sonne déjà, nous n'oserons nous plaindre mais comment ne pas se sentir piqué par une pointe de nostalgie en écrivant le mot « fin » ? Réponse : en ne l'écrivant pas tout simplement, ce n'est que le début, « Life is a trip » !